Upcycling : les origines de la magie Bilum

Depuis le début du mois de septembre, vous êtes dans un déni de rentrée total vous poussant à pratiquer des rituels vaudous tous les soirs pour faire arriver plus vite les prochaines vacances. Mais cette semaine, vous l’aurez certainement vu, on est dans les gares, le lieu le plus représentatif du travail, pour vous faire réaliser que les vacances ne sont pas terminées tant qu’on sera à vos côtés.

Puisque vous suivez notre histoire avec la plus grande attention, vous savez ce qu’il arrivera à ces affiches une fois la campagne terminée. Elles ne finiront ni au paradis des bâches ni au purgatoire mais finiront entre les mains fabuleuses de Bilum pour une réincarnation, à l’image de leurs grandes sœurs issues des précédentes campagnes.

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Souvenez-vous ! Il y a trois mois, la Coupe du Monde commençait. On était en juin, les vacances approchaient, Benjamin Pavard était encore un parfait inconnu, Neymar était considéré comme un joueur fairplay, on vous a fait gagner des crédits pour aller parier en ligne avec nos Promostics et vous avez croisé d’autres affiches à Saint-Lazare imaginées par les mêmes têtes extraordinaires qui ont réalisé la campagne Tellement Français que vous aimiez tant. Foncez vite voir comment Bilum leur a donné une seconde vie si vous l’avez manqué.

On est donc retournés chez eux pour les aider à préparer leur deuxième tour avec ces nouvelles affiches. Mais cette fois, notre soif de curiosité et notre quête perpétuelle de savoir nous a donné envie d’aller plus loin : d’où vient Bilum ? Pourquoi avoir voulu donner une seconde vie aux bâches publicitaires ? Hélène, fondatrice du projet, a accepté de dévoiler quelques uns de ses secrets.

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Chauffeur Privé :
Hello Hélène ! Raconte-nous comment Bilum a vu le jour !

Hélène :
Croyez-le ou non mais j’ai commencé par faire des études de biologie, donc assez loin de la publicité ! J’ai ensuite travaillé 7 ans dans l’évènementiel, et clôt cette carrière au sein de l’agence Cara Event en tant que responsable de l’affichage événementiel. J’y commercialisais les bâches publicitaires géantes, sans réaliser l’impact qu’elles allaient avoir sur mon parcours. Ce n’est qu’en 2005, après un burnout et une volonté de devenir mon propre patron avec un dessein utile que le projet a véritablement vu le jour. J’ai regardé derrière moi et j’ai vu toutes ces bâches publicitaires que j’avais achetées et vendues et je me suis demandée : mais que deviennent toutes ces toiles une fois les campagnes terminées ?

CP :
Et la réponse t’est tombée du ciel ?

Hélène :
Presque ! Je suis un jour tombée sur un sac de la marque Freitag fait en bâche de camion, ce qui m’a apporté une première réponse sur leur destinée. Après quelques recherches supplémentaires, je me suis rendue compte que la réutilisation des bâches publicitaires, pleines de couleurs, très graphiques, n’avait rien de nouveau : de très nombreux pays en développement ont depuis longtemps mis en place des initiatives de récupération ces matières, principalement pour leur aspect rigide et solide. Cependant, aucune n’a été lancée en France alors qu’environ 200 000 m2 de toiles publicitaires y sont produites chaque année sur Paris / RP !
C’est ainsi que le projet bilum a vu le jour !

Equipe-complete©Arnaud Bouissou / TERRA 

CP :
Une fois les bâches récupérées, tu t’es improvisée styliste ?

Hélène :
J’aurais bien aimé ! Mais à l’image du cuir, le travail des bâches nécessite l’aide de maroquiniers car elle doit être manipulée avec des outils professionnels. C’est un atelier ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail, qui accueille du personnel en situation de handicap), à Paris, qui a été le 1er à nous faire confiance. Il y a 13 ans, on ne parlait pas de récupération et convaincre les ateliers n’a pas été simple ! Une fois récupérées, nous nous sommes associés avec des stylistes en freelance pour le dessin et la création des produits finis en leur laissant une liberté totale mais avec une seule contrainte : rester sur des modèles sobres car les visuels récupérés sont déjà très riches et la beauté du produit fini était notre priorité. Elle l’est toujours d’ailleurs.

CP :
Et une fois ces œuvres d’art récupérées, comment as-tu fait pour les vendre ?

Hélène :
Nos premières collections étaient destinées au grand public  et vendues dans des concept store (nous avons lancé 2 collections au Printemps Design, à Beaubourg et une au Citadium). En 2011, nous avons ouvert notre site e-commerce, sur lequel les particuliers peuvent retrouver nos produits. Puis les annonceurs, nos clients B2B, se sont mis à nous racheter ce que nous faisions dans leurs toiles pour les distribuer en interne, en dotation presse ou VIP, ou les commercialiser via leurs propres canaux de distribution.

CP : 
Tu as pu constater que le concept de Bilum a fait mouche auprès des marques ?

Hélène :
Air France a été le 1er grand groupe à nous céder puis confier leurs toiles ! Aujourd’hui, Guerlain, Louis Vuitton, la SNCF, La Poste, le Club Med ou même la Gendarmerie nationale nous font confiance car ces collections leur permettent de travailler l’héritage de leurs marques à travers leurs propres matières. C’est pour cela que l’on parle d’upcycling : Bilum transforme des matériaux récupérés en de nouveaux objets d’une valeur supérieure en termes d’usage ou d’esthétique.

“Bilum se définit comme une maison de création qu’avec des matières récupérées. On veut prouver qu’il est possible de faire du beau en faisant du bien”

CP :
Vous avez déjà eu un projet un peu insolite ?

Hélène :
La diversification de nos clients nous a permis d’augmenter nos moyens et d’upcycler plus seulement des bâches mais aussi des drapeaux, des housses de sièges de train, d’avion, des uniformes, des airbags… On ne réalise pas la quantité de matières parfaitement réutilisables que les marques doivent éliminer. Il y a 8 ans, nous avons commencé à travailler avec Air France qui nous a confié ses bâches publicitaires. Ils nous ont ensuite suivis sur notre proposition d’upcycler leurs gilets de sauvetage en fin de vie puis récemment leurs housses de sièges qu’ils doivent renouveler régulièrement. Ces matières iconiques deviennent des sacs, trousses, pochettes…
Nous sommes actuellement avec eux sur un 4ème projet fou et emblématique qui sortira en novembre 2018 pour leurs 85 ans.

CP :
En quoi Bilum est une entreprise responsable ?

Hélène :
Depuis notre création, nous avons sauvé 40 000m2 de matières, soit l’équivalent de 15 tonnes ! transformés en plus de 200 000 pièces originales. Sur nos 7 ateliers partenaires, 6 sont situés en Île-de-France. En conséquence, un produit bilum fait seulement 70 km en moyenne entre le moment où la matière est récupérée et la livraison du produit fini chez le nos clients. 4 de ces ateliers sont des ESAT, accueillant des personnes en situation de handicap. Nous confions le nettoyage des bâches  et la préparation de certaines matières au personnel d’une entreprise d’insertion sociale détaché chez nous. D’une façon générale, tous nos clients BtoB peuvent obtenir une traçabilité complète de leurs produits en venant directement sur notre site.

CP :
Quelle est la prochaine étape de l’aventure Bilum ?

Hélène :
Nous avons pour ambition de monter un grand atelier de l’upcycling, ouvert au grand public, qui pourra expérimenter cette belle aventure…

CP :
Merci beaucoup Hélène, on va continuer à vous suivre de très près !

Pour en savoir plus sur le projet Bilum, c’est par ici

À très bientôt à bord de nos véhicules !
Aurélien, de l’équipe Chauffeur Privé

Chauffeur Privé